lundi 16 septembre 2013

Anna Karenine de Léon Tolstoï (Frankie)

Auteur : Léon Tolstoï

nb de pages : 984

Série : non

Catégorie : Drame romantique, Littérature russe

 





Résumé personnel

Dans la Russie tsariste des années 1870, Anna Karenine, épouse d'un dignitaire froid et taciturne, et Alexis Vronski, un jeune homme assez frivole, tombent amoureux sur le quai d'une gare. Au mépris des conventions sociales, ils vont vivre leur amour jusqu'au bout, provoquant le scandale dans la société bien-pensante de Saint-Pétersbourg. De son côté, Constantin Levine, un propriétaire terrien, ami du frère d'Anna, est amoureux depuis toujours de la charmante princesse Kitty Schterbatski (ou Schterbatskaia en russe) qui éprouve un sentiment profond pour Levine mais avait eu la tête tournée par Vronski avant qu'il ne rencontre Anna...  

Mon avis

Ce sont donc ces deux histoires parallèles que nous suivons, la passion d'Anna et Vronski et la relation plus tranquille de Levine et Kitty même s'il faudra quelques épreuves  pour que ces deux-là se retrouvent. D'ailleurs, même si le roman porte le nom d'Anna, l'histoire de la jeune femme et de son amant n'est qu'un aspect de ce roman de 1000 pages (et pas forcément le plus intéressant, à mes yeux). Nous suivons de nombreux autres personnages, à commencer par Levine et Kitty ou encore Stepan Oblonski et sa femme Dolly, lui étant le frère d'Anna et elle la soeur de Kitty (vous suivez ? :)) Et avec en toile de fond, de nombreux passages politiques, religieux ou encore militaires, intéressants, certes, mais pas forcément passionnants.

Le tout donne une assez bonne idée de ce qu'était la Russie d'alors, avec une aristocratie toute-puissante, francophile et anglophile, prenant les eaux en Allemagne et se souciant fort peu des problèmes du peuple. Levine, lui, représente le côté moderne de cette aristocratie sans doute parce qu'il vit à la campagne, gère des terres et essaie d'impliquer les paysans dans son travail. Ses tentatives de réformer l'agriculture autour de lui sont toutes à son honneur même s'il n'y voit que son intérêt et pas forcément celui de ceux qui l'entourent.

J'ai fait 7 ans de russe, 3 au lycée, 4 en fac (et c'était il y a bien longtemps) et ce roman a fait remonter en moi des souvenirs d'antan (d'ailleurs Tolstoï avait été le premier auteur que j'eus à traduire en première année de fac... moi dont le russe était la 3e langue, voire la quatrième si l'on compte le français !), notamment sur cette "âme russe" dont on parlait souvent. Car le Russe est mélancolique. Et exalté. Un bipolaire constant, quoi ! :) Et ça se retrouve énormément dans ce roman. Ce qui m'a marquée dans les histoires d'Anna/Vronski et Levine/Kitty c'est qu'aucun d'eux ne parvient jamais à être véritablement heureux. Il y a du malheur sous-jacent même dans le bonheur. Un regard un peu de travers (les hommes jettent énormément de regards glaciaux envers leurs compagnes... sympa !), une attitude différente et voilà nos personnages qui se voient trompés, quittés, bafoués. Ils ont du mal à communiquer et cela empoisonne leurs relations.

C'est flagrant dans le couple Anna/Vronski, qui voit de façon dramatique son histoire gangrénée par les obstacles et les suspicions. En voulant vivre un amour libre et hors des normes, ils se mettent au ban de la bonne société russe et cela ruine toute chance de vrai bonheur quand Vronski peut continuer à avoir une vie sociale, alors qu'Anna, considérée comme une sorte de Jezabel par ses pairs, ne peut mener la vie qu'elle veut (voir une scène à l'opéra). Ce qui crée beaucoup de jalousies et de ressentiments de part et d'autre.

Cela est peut-être moins visible avec Levine et Kitty que l'on peut voir comme un couple "pépère" et pourtant, on s'aperçoit qu'un regard, un non-dit et voilà Levine qui s'imagine que sa femme a envie de le tromper (alors qu'elle est enceinte !) et il lui lance des regards glaciaux (oui je vous avais dit que le regard glacial revenait souvent dans le roman ! ;)) alors qu'il a tout pour être heureux. J'ai beaucoup aimé Levine mais il y a eu des moments où j'ai eu envie de le secouer ! :)

Au risque de me faire huer, je dois dire que je n'ai pas aimé Anna. Je l'ai trouvée froide, assez égoïste et si on peut la trouver courageuse et avant-gardiste dans sa façon de vivre son amour avec Vronski, elle m'est apparue comme une beauté trop lointaine pour être vraiment attachante. Cependant, j'avoue qu'elle m'a un peu touchée sur la fin. Mais je n'ai pas du tout aimé cette espèce de désintérêt qu'elle éprouvait à l'égard de ses enfants. On peut supposer qu'elle les aime, certains passages le prouvent, mais d'autres montrent bien qu'elle n'éprouve malgré tout une forme d'indifférence. Disons que c'est flagrant tant qu'elle vit avec son fils par exemple et que tout à coup elle éprouve une sorte d'amour maternel une fois qu'elle est éloignée de lui. Cette attitude n'a rien fait pour m'aider à l'aimer !

Quant à Vronski, lui c'est encore pire. C'est un être frivole, peu intéressant et pas attachant du tout !

Levine, lui, est tout son contraire, et c'est vraiment le personnage que j'ai préféré. Pour moi, c'est le véritable héros du livre. Il a ses défauts, certes, mais il est fidèle, droit, intéressant et certainement le personnage le plus creusé. J'ai beaucoup aimé sa gaucherie en amour, son côté terre à terre et presque "paysan" qui détonne par rapport aux autres aristocrates qu'il côtoie. Je crois que c'est en grande partie grâce à lui que le livre m'a plu.

Kitty, elle, est plutôt mignonne, un peu frivole (mais c'est une jeune fille) qui s'emballe vite. Pas très intéressante mais assez représentative de cette aristocratie russe, comme Vronski d'ailleurs.

Un personnage qui ne m'a absolument pas touchée c'est Alexis Karenine. Certains pourront lui trouver des qualités mais je l'ai trouvé vraiment trop froid et calculateur même lorsqu'il se laisse aller à une quelconque émotion. Tous ses gestes, même ceux qui semblent magnanimes, sont pensés en fonction de sa position sociale, que ce soit son refus du divorce ou au contraire son acceptation et toutes ses réactions envers Anna. Je sais bien qu'il se sent bafoué dans son honneur du fait du scandale provoqué par la liaison de sa femme et on pourrait le plaindre mais je n'ai jamais ressenti aucune chaleur chez lui, même envers son fils.

Je suis en train de faire cette chronique et finalement je me demande vraiment pourquoi j'ai aimé cette lecture ! :) C'est vrai quoi, je n'ai pratiquement aimé aucun personnage, l'histoire d'amour entre Anna et Vronski m'a laissée de marbre et il m'a paru long à lire ! Mais je crois que le style de Tolstoï est pour beaucoup dans mon impression générale, le plaisir que j'ai eu à le lire. C'est évidemment très bien écrit (en tout cas, la traduction est bien faite), le contexte historique est vraiment intéressant et l'auteur décrit admirablement bien la vie quotidienne de ses contemporains. Même ces tourments amoureux qui ne m'ont pas forcément touchée sont racontés de très belle manière. Cela a suffi pour que j'aime beaucoup.

En conclusion, même si j'ai mis longtemps à le lire, je suis ravie d'avoir enfin découvert ce roman et connu l'histoire d'Anna Karenine et de son entourage. Si un roman classique russe de 1000 pages ne vous fait pas peur, je vous engage à le lire pour vous faire votre propre opinion découvrir tous les personnages dont je vous ai parlé et leur histoire.

Lien vers l'article sur mon blog -  N° 16 dans le challenge ABC 2013


Ma notation






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