mercredi 9 octobre 2013

La honte d'Annie Ernaux (A livre ouvert)


Couverture La honte

Auteur : Annie Ernaux

nb de pages : 140

Catégorie : Autobiographie

Résumé officiel

« J'ai toujours eu envie d'écrire des livres dont il me soit ensuite impossible de parler, qui rendent le regard d'autrui insoutenable. Mais quelle honte pourrait m'apporter l'écriture d'un livre qui soit à la hauteur de ce que j'ai éprouvé dans ma douzième année. »
Annie Ernaux.





Mon avis

Tout petit livre d’Annie Ernaux, une auteure que je ne connaissais pas. J’avais une voisine qui avait une caisse de livres à donner, il était parmi eux.
Le 4ème de couverture ayant attisé ma curiosité, je l'ai pris.
Je me suis lourdement trompée sur le thème du livre, peut-être parce que je suis de la génération « Julie et Melissa » (et là vous avez tout de suite deviné la nature de ma méprise) mais je m’attendais à complètement autre chose.
Au final, j’ai trouvé ce récit très banal, il ne m’a absolument pas touchée. Il appartient à une autre époque et d’autres mœurs mais malgré tout je ne pense pas que ce soit l'unique raison de mon désintérêt.  En effet, « 24heures dans la vie d’une femme » m’avait complètement émue bien qu’il s’agisse d’une époque et de mœurs encore plus anciennes.
Qu’est ce qui a fait la différence ? Difficile à dire. Le sujet en partie, car la honte d’Annie Erneaux m’a parue quelque peu "ridicule" et disproportionnée par rapport à la cause. Le style surement, n’est pas Stefan Zweig, qui veut.
Enfin, et surement pour une grande part, ma sensibilité pour certains sujets et pas pour d’autres, tout simplement.
Je ne dirais pas que le récit était mauvais, mais en tout cas il ne m’a absolument pas touchée.

Lien vers l'article sur mon blog -  N° 19 dans le challenge ABC 2013


Ma notation





D = Difficile à terminer

La ferme des animaux de George Orwell (A livre ouvert)


 

Auteur : George Orwell

nb de pages : 151

Catégorie : Classique, science-fiction

Résumé officiel 

Un beau jour, dans une ferme anglaise, les animaux décide de prendre le contrôle et chassent leur propriétaire. Les cochons dirigent la ferme comme une mini société et bientôt des lois sont établies proscrivant de près ou de loin tout ce qui pourrait ressembler ou faire agir les animaux comme des humains. De fil en aiguille, ce microcosme évolue jusqu'à ce qu'on puisse lire parmi les commandements : " Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d'autres. "
Le parallèle avec l'URSS est inévitable quand on lit cette fable animalière. A travers cette société, c'est une véritable critique du totalitarisme d'état que développe Orwell.

Mon avis

Effectivement on est en plein régime totalitaire.
J'aime assez l’idée d avoir instauré l'histoire dans le régime animal.
J'ai aimé le basculement assez lent d un régime égalitaire à un régime totalitaire, mis à part, le soulèvement qui a été rapide.
J'ai trouvé le style très accessible, bien plus que ce à quoi je m'attendais à la base.
J'ai eu plusieurs fois envie de me révolter pour les autres animaux, j'ai eu envie de leur parler, les secouer.
On voit la manipulation étendre ses filets jusqu'à la résolution finale du récit.
Mais de toute façon la force de cette fable ne réside pas dans sa fin mais justement par l'instauration via la manipulation d'un régime totalitaire.
Même si les mécanismes utilisés ne peuvent être repris tels quels à nos sociétés, il peut être très utile de le lire en préventif et pour exercer son esprit critique.
Ce livre est, pour moi, à ranger dans la même veine que "1984" et "Le meilleur des mondes".


Lien vers l'article sur mon blog -  N° 18 dans le challenge ABC 2013


Ma notation



A ne pas manquer

Le guide du voyageur intergalactique d'Adams Douglas (A livre ouvert)


Couverture Le Guide du voyageur galactique / H2G2, tome 1

Auteur : Adams Douglas

nb de pages : 274 

Catégorie : Science-fiction, Humoristique

Résumé officiel 

Comment garder tout son flegme quand on apprend dans la même journée : que sa maison va être abattue dans la minute pour laisser place à une déviation d'autoroute ; que la Terre va être détruite d'ici deux minutes, se trouvant, coïncidence malheureuse, sur le tracé d'une future voie express intergalactique ; que son meilleur ami, certes délicieusement décalé, est en fait un astrostoppeur natif de Bételgeuse, et s'apprête à vous entraîner aux confins de la galaxie ? Pas de panique ! Car Arthur Dent, un Anglais extraordinairement moyen, pourra compter sur le fabuleux Guide du voyageur galactique pour l'accompagner dans ses extraordinaires dérapages spatiaux moyennement contrôlés.

Mon avis

Je suis tombée sur l’adaptation tv, après que je l'eus inscrit dans le challenge abc. Son coté déjanté m'a d'autant plus donné envie de découvrir la version écrite.
Dès le prologue, on sent de l’humour sarcastique, de l'humour noir mais aussi de l'humour au 2ème voir 3ème degré ou même plus.
J’aime beaucoup la "folie" qui accompagne le récit.  On ne sait jamais sur quoi on va tomber, ça part vraiment dans tous les sens.
Je me suis demandé ce que l’auteur avait pu prendre pour écrire ce livre, il possède une imagination plus que débordante. Ce qui était loin d'être désagréable. Je me suis complètement évadée avec ce livre.
Après coup, même si l'adaptation m'avait plût, j'ai préféré le livre, bien plus drôle. Il me semble aussi que bien que très déjanté, le film m'avait paru un peu plus cohérent que le livre. Ce qui pour le coup, me parait comme un désavantage. Il s'était écoulé pas mal de temps entre le film et le livre, du coup je n'ai pas vraiment été handicapée par les images du film en lisant, j'ai réussi à recréer l'univers du livre de façon imaginée.
L'histoire en elle-même est très simple et tant mieux parce que l'absurde de la première à la dernière page ne ménage pas du tout notre cerveau, ce qui est une délicieuse torture mentale.
"Sa remarque aurait sans doute soulevé davantage l'attention à condition qu'eût été plus généralement admise l'idée que les êtres humains n'étaient en fait que la troisième forme de vie intelligente sur Terre et non pas (comme il était généralement admis par une majorité d'observateurs impartiaux) la seconde."
Et là je n'ai qu'une envie : me jeter sur la suite... Sauf que mon challenge va en pâtir :p

Lien vers l'article sur mon blog -  N° 17 dans le challenge ABC 2013


Ma notation




Coup de coeur



lundi 7 octobre 2013

Mémoires d'une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir [eugeniekildine]

Auteur: Simone de Beauvoir

nb de pages :  472 pages

Catégorie : Autobiographie

Résumé officiel ou personnel:  "Je rêvais d'être ma propre cause et ma propre fin: je pensais à présent que la littérature me permettait de réaliser ce voeu. Elle m'assurerait une immortalité qui compenserait l'éternité perdue; il n'y avait plus de Dieu pour m'aimer, mais je brûlerais dans des millions de coeurs. En écrivant une oeuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence. En même temps, je servirais l'humanité: quel plus beau cadeau lui faire que des livres? Je m'intéresserais à la fois à moi et aux autres; j'acceptais mon 'incarnation' mais je ne voulais pas renoncer à l'universel: ce projet conciliait tout; il flattait toutes les aspirations qui s'étaient développées en moi au cours de ces quinze années."



Mon avis: Je suis sortie des Mémoires d'une jeune fille rangée sonnée - et pourtant j'y suis rentrée avec de grands a priori. Je ne suis pas féministe militante, je ne cherche pas à me complaire dans la contemplation d'une élite intellectuelle, je n'avais aucune admiration préalable pour le couple Beauvoir/Sartre, par exemple. Et pourtant, voilà, ça m'a beaucoup plu. L'écriture est fluide, ça se lit très vite (et pourtant je l'ai lu en plein mois d'août, au bord de la piscine pratiquement), très agréablement, très aisément. Simone de Beauvoir est certes très très agaçante au début, à montrer objectivement l'enfant arrogante et sure d'elle qu'elle a pu être; mais au fur et à mesure qu'on la voit grandir, la certitude se soulève. Avec l'adolescence viennent les doutes qui se basent sur des questionnements qu'on a tous eu. Se lance un cri de vie absolue. Simone de Beauvoir s'entraîne elle même à obtenir sa propre liberté, à faire absolument, à vivre vraiment sans laisser les choses faites à moitié.
On grandit un peu, en lisant Beauvoir grandir, je l'admets - excusez moi d'avance de tous ces clichés auxquels j'ai recours dans cet article. Et on sort de l'oeuvre d'abord choqué (je ne pense pas être capable de lire la suite tout de suite, c'était trop réel et marquant, éprouvant, donc, pour que je puisse me relancer tout de suite - mais je ne vais pas vous "spoiler" non plus), puis avide de se mettre à lire et apprendre autant qu'elle. On a envie de vivre pleinement, avec la même recherche constante, la curiosité, l'avidité d'apprendre et de se développer que la jeune Simone de Beauvoir évoluant dans sa propre époque.
C'est une lecture que je conseille à quiconque s'interroge sur les questionnements intérieurs, sur la quête du soi, de la vie - comment la vivre pleinement et comment essayer de la comprendre, de la défier constamment. Je me répète utilement, parce qu'on peut penser le Deuxième sexe en entendant le nom de Beauvoir et être rebuté très vite, en mentionnant à nouveau le fait que c'est très fluide à la lecture, très agréable et naturel, et que ce n'est pour autant pas du tout simpliste.
Bien sûr, on est amené à réfléchir, mais comme souvent avec les autobiographies (je trouve) on réfléchit plus sur son propre parcours que sur des concepts philosophiques, et on est éprouvé aussi, mais je trouve cela dit que c'est plutôt une aide qu'un mainteneur de névroses!


Lien vers l'article sur mon blog -  N° 6 dans le challenge ABC 2013



Ma notation

B = Bon tout simplement



Rhinocéros, Ionesco [eugeniekildine]

 Auteur : Eugène Ionesco

nb de pages : 246 pages

Catégorie :  Théâtre

Résumé officiel ou personnel:  M. Bérenger est plongé dans une aventure bien curieuse. Il habite une petite ville, et la plupart de ses concitoyens - par un processus incompréhensible - se métamorphosent en rhinocéros. On imagine les perturbations qu'une semblable épidémie peut déclencher dans une petite communauté humaine. M. Bérenger échappera-t-il à cette malédiction? Naturellement il faut aller un peu au delà des apparences: d'ailleurs dans cette rocambolesque histoire d'hommes changés en rhinocéros, il y a une signification philosophique très sérieuse que le lecteur aura le plaisir (ou la terreur) de découvrir.

Mon avis: 

Si je n'avais jamais lu Rhinocéros (oui je sais pour une théâtreuse de vingt et un an c'est limite), j'en avait largement été informée du sous texte. A vrai dire, Rhinocéros était dans ma tête "une pièce sur la monté du nazisme" et voilà tout. J'ai eu beaucoup de mal à me débarrasser de ce présupposé massif en commençant ma lecture, et pourtant ça me paraît nécessaire. Entrer en n'ayant que ça en tête, c'est entrer avec de gros sabots dans une oeuvre fine, intelligente, atypique. Bien sûr, Rhinocéros parle de la montée du nazisme. Mais c'est avant tout une oeuvre menée par des personnages très intéressants, dans un monde qui ressemble au notre et qui lui devient délicieusement parallèle, formée d'une écriture très agréable, fluide. Rhinocéros est mille fois moins absurde que la Cantatrice chauve - je ressens le besoin de le préciser parce que la qualification d'auteur de l'absurde colle (et en un sens, justement) à la peau d'Eugène Ionesco et que dans certains cas ça en rebute carrément certains. 
Il y a dans Rhinocéros une satire totale de la logique qui devient elle même l'absurde, et vice versa. Il y a aussi finalement, un grand cri d'humanité - et pas forcément d'humanité belle et superbe, justement. Il s'agit de l'humanité qui survit, mais aussi de l'humanité lâche, vivante malgré elle, de l'humanité avec des principes qui se brisent en quelques secondes et ne valent rien, de l'humanité sous toutes ses coutures qui la rendent tour à tour répugnante ou touchante, belle ou méprisable.
Vous l'aurez compris je pense, j'ai beaucoup aimé Rhinocéros. J'ai hâte de la voir mise en scène. Le personnage de Bérenger est extrêmement intéressant, anti-héros au possible s'il faut le caser dans une catégorie. On trouve dans le texte une finesse très intéressante, et les différents personnages qui amènent de nombreuses différentes couleurs et qui pourtant deviennent rhinocéros donnent une profondeur à la trame du texte. La fin est assez géniale aussi. Il y a dans le développement des événements une soudaineté délicieuse. Bref, je le conseille absolument, d'autant que c'est assez court à lire. J'ajoute que de mon côté, je n'aime généralement pas lire le théâtre, et que j'y ai cette fois pris beaucoup de plaisir.


Lien vers l'article sur mon blog -  N° 5 dans le challenge ABC 2013



Ma notation





samedi 5 octobre 2013

Coeur d'encre [BouQuiNeTTe]

Auteur : Cornelia Funke

nb de pages :
566

Série :
Cœur d'encre

Catégorie :
Jeunesse - Fantasy

Résumé
 
Meggie vit avec son père Mo, un relieur de livres. Tous deux aiment passionnément les livres et la lecture.
Un soir, une connaissance de son père, un homme nommé Doigts de poussière, arrive chez eux à l'improviste. Mo ne semble pas enchanté de cette visite... Un certain "Capricorne" le cherche. Ils partent le lendemain se mettre à l'abri chez la tante de la mère de Meggie, Elinore, qui vit entourée de ses livres. Mais Capricorne ne tarde pas à les retrouver et les fait prisonniers...
Mo garde depuis longtemps un secret : il y a neuf ans, il a fait sortir d'un livre Capricorne et Doigts de poussière et entrer dans ce même livre la mère de Meggie. Depuis, Capricorne le cherche pour faire sortir de Cœur d'encre des trésors et le reste de ses acolytes...



Mon avis

Se retrouver au milieu de ses personnages de fiction préférés : Rêve ou cauchemar ?

Meggie vit seule avec son père. Ils mènent une petite vie tranquille. Un soir, un homme étrange surnommé Doigts de poussière leur rend visite. Il appelle son père "Langue magique", parle d'un livre et d'un autre mystérieux, Capricorne. Mo ne dit pas grand chose de cette visite... mais le lendemain à la première heure, ils ont pris la route...
En effet, Mo a un don. Lui appellerait plutôt ça une malédiction : lorsqu'il lit à haute voix, il fait apparaître des personnages de l'histoire... et disparaître entre les pages les personnes à proximité. C'est du livre Cœur d'encre que viennent Capricorne et Doigts de poussière... et c'est là qu'a disparu la mère de Meggie, Teresa. Malgré tous ses efforts, Mo n'a jamais réussi à la ramener. Il ne maîtrise pas son pouvoir, il ne sait jamais ce qui va en sortir, ni ce qui va y rentrer...


Au fil de leur aventure, Meggie et Mo vont rencontrer Fenoglio, un grand-père un peu foufou, qui n'est autre que l'auteur de Cœur d'encre. D'abord fou de joie et émerveillé de savoir que ses personnages ont pris vie et qu'ils sont comme il les a imaginés, ce-dernier se rend vite compte de l'horreur de vivre avec de tels énergumènes dans la nature et va aider Meggie à les renvoyer d'où ils viennent.


Les personnages sont formidables. Les méchants sont vraiment terribles, on aimerait pouvoir faire quelque chose, qu'eux fassent quelque chose, et tout ce qu'il reste, c'est un grand sentiment d'impuissance.
Meggie est vraiment courageuse malgré son jeune âge.
Mo n'est pas un aventurier, mais il fait aussi de son mieux pour protéger ses proches.
Elinore a une forte personnalité. Si elle semble acariâtre, c'est parce qu'elle n'a pas l'habitude de vivre avec des gens. Son monde c'est sa maison, qui n'est qu'une immense bibliothèque.
Doigts de poussière est un cracheur de feu. Il a la nostalgie de son monde.
Enfin, je parlerai de Farid, un jeune voleur issu des contes des 1001 nuits. Il va s'attacher à Doigts de poussière qui est seul et qui n'a jamais eu la vie facile, comme lui.


L'histoire met un peu de temps à se mettre en place. Face à Capricorne, on semble dans une impasse, jusqu'à ce qu'entre en scène Fenoglio, et ensuite, ça fuse ! ça se lit bien, et même si à la fin on sent que l'histoire n'est pas terminée (puisque certains méchants s'en sortent !), le tome 1 est un roman à part entière qui n'a pas besoin de plus !

A lire après : Sang d'encre (Tintenblut).


Lien vers l'article sur mon blog -  Lettre F - N° 12 dans le challenge ABC 2013


Ma notation


B = Bien !





jeudi 3 octobre 2013

Les chutes de Joyce Carol Oates (Véro)


Auteur :   Joyce Carol Oates

Nb de pages :  991

Catégorie :   contemporain

Résumé officiel ou personnel : Lorsqu'elle découvre le mot énigmatique que son mari lui a laissé, appuyé contre un miroir de la chambre à coucher de leur suite nuptiale du Rainbow Grand Hotel, à Niagara Falls, État de New York, Ariah est mariée depuis vingt et une heures. Lorsqu'elle apprend le même jour, en début d'après-midi, par la police de Niagara Falls qu'un homme ressemblant à son époux s'était jeté tôt ce matin-là dans les Horseshoe Falls et avait été emporté, disparu sans laisser de traces, elle est mariée depuis un peu moins de vingt-huit heures.

 
Mon avis : une rencontre loupée... Pour en savoir plus, c'est ici .
N° 7 dans le challenge ABC 2013


Ma notation :


D = Difficile à terminer